• Et si seulement......... de Daniel Lapierre

     

    Et si seulement......... de Daniel Lapierre

     

     

     

    Catégorie : Roman Littérature

    Résumé :

    « − C'est si bon de dormir, n'est-ce pas ?


    − Je ne dormais pas...

"

    C'est vrai, je ne dormais pas. Je ne pensais pas non plus et cette léthargie, je le confesse, avait quelque chos

    de
 délicieusement tiède et agréable d'où j'avais envie de sortir avec mauvaise humeur. Ce n'est pas une

    infirmière, ni une aide soignante ; elle ne porte pas la blouse. Une femme mûre, brune, les cheveux à peine

    grisonnants aux tempes et tirés en chignon sur la nuque. Elle ne se teint pas; peut-être qu'elle s'accepte. Et

    elle n'a pas tort. La cinquantaine, avec un rien de distinction naturelle, en partie due à un sobre tailleur gris.

    Je ne l'ai jamais vue ici ni ailleurs. Une brusque pensée avortée, trop rapide pour être douloureuse, me fait

    baisser les yeux sur sa poitrine : elle ne porte pas l'insigne de la croix. C'est le gris qui m'y a fait penser

    soudain dans ma demi-conscience. Non, le moment n'est pas encore venu.

    − Qui êtes-vous ? »

    Hélène Dacourt est hospitalisée, et pendant sa convalescence, elle fait la rencontre de Marie-Anne, une

    bénévole venue réconforter des personnes n’ayant pas de visite.

     

     

    Un véritable coup de coeur ! C'est un récit magnifique qui fait réfléchir sur le sens de la vie, sur les choix

    et les erreurs que nous faisons..... Les deux personnages principaux sont Hélène et Marie-Anne. l'histoire se

    déroule dans un hôpital. Marie-Anne est bénévole et Hélène est malade, au fil des pages une vraie

    complicité, puis une amitié sincère s'instaurent entre les deux femmes. Personnellement, j'ai ressenti une

    véritable empathie pour Héléne, qui au départ rejette Marie-Anne, mais elle va tout doucement se laisser

    apprivoiser. Ce roman m'a touchée profondément, nous ne pouvons pas rester insensible à ce que L'auteur

    Daniel LAPIERRE arrive à nous transmettre. De nombreux sentiments sont décrits à travers cette

    oeuvre. J'ai fermé le livre en me disant :"La vie est belle alors n'attendons pas qu'il soit trop tard pour vivre

    ce que nous avons à vivre". D'autre part, il y a des passages humoristiques et des passages très poignants.

    J'ai terminé la lecture la gorge serrée et les larmes au bord des yeux, mais finalement c'est une formidable

    leçon de vie ! A lire sans modération !

     

    Extraits :

    "Toute manifestation de la pensée est digne d'intérêt, jusqu'à la fin. Je suis là pour ça. Du moins, j'essaye.

    Et ce n'est pas chose facile.

    - Je veux bien le croire."

     

    "J'ai toujours détesté le mensonge, sans doute parce que ceux qui ont fait un bout de chemin avec moi,

    accidenté ou non, ne cessaient jamais de fabuler pour me tromper. Et ça marchait presque toujours....."

     

    "Ses questions m'agacent. Mais que ferais-je à sa place ? Je ne lui ai pas signifié de sortir ; alors...."

     

    "Vous êtes en train de vous demander si vous devez continuer à vous adresser à moi comme à une 

    femme normale. Ou alors, avec des précautions infinies pour ne pas mettre le feu au délire.... Vous

    vous demandez si je ne suis pas folle au fond, réellement, sous une comédie de bon sens ?

    - Mais non, Hélène, je vous rassure. Il me semble au contraire qu'il y en a peu aussi lucide que vous."

     

    "Il y a des gens, très peu, avec qui l'on se sent bien à parler, parce qu'ils vous écoutent sans jugement, sans

    présupposé."

     

    "- Allô !

    - Hélène ?

    - Oui ?

    - C'est Mara. Je viens aux nouvelles. Ca va ? Tu es peut-être déjà à table ?

    - Oui, c'est cela, dans la salle de restaurant. Mais non, bourrique, ne rêve pas ! "

     

    "C'est bien elle, je l'aurais parié. A force de vouloir très fort les choses, surtout inconsciemment, elles

    finissent par se produire. Il faut dire aussi que je ne souhaite que du possible. Je ne crois pas au miracle,

    au moins pour moi."

     

    "- Comment pouvez-vous penser cela, Hélène ? Il me semble, en vous écoutant, que je suis avec une amie

    de longue date. Et puis, vous avez un tel talent de conteuse ! Je ne suis pas surprise, vous savez,  que vous

    ayez eu envie d'écrire ! savez-vous ce que je pense, depuis un moment, en vous écoutant ? C'est qu'il est

    dommage que tout cela s'éteigne avec les mots."

     

    "- Oui vous avez raison. Votre présence, votre amitié me manque de plus en plus souvent. Voyez de quelles

    contradictions la vie est faite !"

     

    "Je suis bien sûre que je n'ai pas pris froid. Pour me rassurer, l'interne m'a dit que ce sont des symptômes

    classiques."

     

    "Mon esprit oublie un moment les douleurs du ventre et me rappelle le brave pape  Boniface de Daudet,

    un petit coup de châteauneuf dans le nez et se trémoussant sur sa mule.

    Une voix en moi est en train de me dire :"Hélène, tu vas trop loin, cette voix neutre de la sagesse et que je

    joue avec le feu, moi, celui de l'Enfer. Je m'en veux d'ironiser sur les pratiques et les croyances religieuses.

    Je me dis que ce n'est pas le moment de ce mettre mal avec le Bon Dieu."

     

    "Je raccroche l'appareil sur ces mots, tout étonnée de me sentir envahie soudain de tristesse, la carapace de

    l'humour devenue inutile. Une noire tristesse qui me fait repousser ma table et le reste de mon repas. Je

    n'y toucherai plus. Je ne veux pas me plaindre de mon amertume soudaine."

     

    "Disons : des techniciennes de la maladie, même si je n'aime pas le mot et s'il ne recouvre souvent bien

    plus de bonne volonté et d'empirisme que de science. Et puis les sentiments ne sont guère compatibles

    avec les soins. Dans ce milieu, le trop humain doit-être une gêne."

     

    "- Chère petite Hélène, vous êtes très courageuse.

    - Non, je ne crois pas. Qu'est-ce que vous voulez que je fasse d'autre ? Que je sanglote du matin au soir

    sur mon sort ? Que je hurle pour qu'on me plonge dans le coma ? Non, merci.... Vous voyez, je suis

    encore capable de vous entendre et de vous parler. Les cordes vocales, Dieu merci ! Ce n'est pas ce qui

    exige le plus d'énergie."

     

    "Quelque chose m'irrite dans la façon de parler de la majorité des personnels. Une espèce de condescendance

    affectueuse, comme s'ils n'avaient que des gens séniles à soigner ou des enfants en bas âge. Et tous sur

    un ton identique ! Une espèce de maternage humiliant. J'ai presque envie de lui demander de me parler

    de la même façon qu'il s'adresse à la maîtresse de ses enfants, lorsqu'elle l'a convoqué pour une question

    scolaire."

     

    "J'ai manqué d'humour, je le sens bien. Je deviens plus aigre. Je n'y peux rien. Ou je n'ai pas envie d'y 

    remédier. Ca doit être l'acquis sociale qui fiche le camp."

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Lundi 5 Octobre 2015 à 12:21

    Chronique qui donne envie de le découvrir. Je le note. Merci !

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