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    L'empire des auras de Nadia Coste

     

    Catégorie : Science-fiction  Jeunesse

     

    L'empire des auras de Nadia Coste

     Résumé :

     

     

    2059.

    Les individus sont maintenant classés en fonction de leur aura : les bleus ont tous les privilèges ; les rouges,

    décrétés dangereux, sont exclus du pouvoir.

     

    Avec son aura bleue, Chloé, elle, a été éduquée dans la méfiance des rouges. Obligée de quitter son lycée privé

    bleu pour un établissement public mixte, ses idées reçues ne tardent pas à être remises en cause. Car à

    l'évidence, certains rouges ne sont pas aussi mauvais qu'elle le croyait.

     

    Lorsque sa propre aura commence à se modifier, Chloé est rejetée par sa famille. Et bien obligée de prendre

    position.

     

    Et si les auras, finalement, n'étaient qu'un prétexte utilisé par les puissants pour justifier une société de plus

    en plus inégalitaire ?

     

    L'empire des auras de Nadia Coste

     

    Tout  d'abord je tiens à remercier masse critiques Babelio et les éditions du Seuil Jeunesse de m'avoir

    permis de lire ce livre. J'apprécie particulièrement la catégorie new adult mais  je précise que  ce genre

    littéraire s'adresse davantage à un public adolescent, bien entendu j'ai largement passé l'âge ....

    C'est la première fois que j'ai l'opportunité de découvrir un roman de  Nadia Costes qui nous offre un

    récit qui nous fait s'interroger sur des sujets sensibles. Malgré que l'action se situe en 2059 et qu'il

    s'agisse bien entendu de science-fiction, le thème abordé est inimaginable.

    En effet, le monde a changé et chaque individu possède une aura, les bleus sont considérés comme

    irréprochables et les rouges sont quasiment bannis de la société.

    Chloé intègre un nouveau lycée mixte, elle va devoir se confronter aux bleus auquel elle appartient

    ainsi qu'aux rouges (attention danger).

    L'auteur nous livre un récit fluide agréable à lire, et même si j'ai analysé  cette œuvre avec un regard

    d'adulte, j'ai été fortement interpellé car cette nouvelle manière de vivre  engendre davantage de problèmes

    de ségrégation, de rejets, de violence sur des faits complètement infondés. Des parents peuvent même

    renier leurs propres enfants… Les techniques ont évoluées mais les mentalités sont devenues effroyables.

    Je me suis interrogé, en me disant : « oh mon Dieu et si c'était ça le monde de demain ? ». Ou va

    s'arrêter la bêtise humaine ? Les individus ne font que  s'épier les uns les autres, des suspicions se produisent

    à tous les coins de rue… La préoccupation principale est d'être bleu et de ne pas virer au rouge.

    Nous avons affaire à une  bande d'adolescents qui vivent dans la peur, pour ne pas  dire la terreur de

    voir leur aura changer progressivement. Quels facteurs seraient responsables  d'un éventuel changement ?

    Là est la question ? Vivre dans de telles conditions ne risque-t-il pas d'engendrer de la rébellion ?

    Et si les principes de base étaient complètement erronés ? Que pourrions-nous faire pour éviter un tel

    carnage psychologique ? Est-ce que cette lutte quotidienne prendra fin tout ou tard ? Peut-être, mais à

    quel prix ?

    Malgré que ma période adolescente soit très loin derrière moi, j'ai trouvé ce roman  intéressant par

    rapport à tous ces questionnements concernant cet avenir effroyable. Nous ne pouvons pas sortir indemne

    d'une telle lecture, j'en suis restée choquée en espérant qu'un tel scénario n'arrive jamais. Cela  n'enlève

    en rien la qualité d'écriture  de Nadia Costes. Ce roman se lit très vite et une fois commencé, il m'a été

    difficile de décrocher sans  connaître la fin.

    En conclusion, j'ai trouvé de l'intérêt à l'histoire malgré son côté dérangeant. L'auteure m'a permis de

    connaître un nouveau style de d'écriture que je n'avais jamais eu l'occasion d'explorer auparavant.

     

     Extraits et citations :

     «Fait numéro un : la très grande majorité des personnes en prison, les meurtriers, les voleurs, les terroristes,

    etc… avait l'aura rouge. 

    Fait numéro deux : une fois l'aura de menus entièrement rouge, plus aucune fluctuation d'aucune sorte

    ne la touchait La bascule était définitive. »

     

      «Chloé dissimula la panique qui l'a gagnait. Mais c'était un changement tout de même. Le premier qui

    annonçait sa possible bascule. » 

     

      «Le souvenir de sa mère la forçant à prier en lui récurrent les mains la fient frissonner. Qu'est-ce que

    ce serait la prochaine fois ?  Le couvent ?  »

     

    «  - Je ne te reconnais plus, ma petite fille.

    Mais que Chloé entendit  « tu va trop changer pour être encore ma fille. »

     

    «  Elle savait  que le Dr Peysson dissimulait des secrets, mais ne s'attendait pas à ce qu'ils aient une

    telle ampleur. » 

     

    «  C'est bien, se dit Chloé, la vérité se fait entendre. »

     

      «C'est notre fille,  gronda-t-il. Et je ne sais pas, toi, mais moi je ne suis pas fier de l'avoir abandonné quand

    elle avait besoin de nous ! »

     

    @ Nadia Coste

     

    L'empire des auras de Nadia Coste

     


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    89 mois de Caroline Michel (Masse critiques Babelio) LC Gaëlle

     

    Catégorie : Roman humoristique

     

    89 mois de Caroline Michel (Masse critiques Babelio) LC Gaëlle

    Résumé :

     

    "J'ai 33 ans, ça y est. A 40 ans et des poussières, mon corps sera hors jeu. Il me reste donc sept grosses années

    pour faire un enfant, soit 89 mois. Un chiffre minuscule. A peine 2700 jours. Que peut-on faire en 2700 jours

    ? Rien. J'en ai déjà 5 à construire trois meubles Ikéa."

     

    Jeanne, célibataire, contrôleuse de train sur la ligne Paris-Auxerre, n'a qu'une obsession : devenir maman

    avant que le temps la rattrape. Elle a fait une croix sur le couple, il lui faut simplement un géniteur. Sa

    décision ne fait pas l'unanimité auprès de ses amis, et même si parfois elle doute, elle est déterminée à

    surveiller son cycle, à provoquer les rencontres, à boire des potions magiques et à lever les jambes après

    chaque rapport, sait-on jamais.

     

    Avec ce premier roman empreint d'humour et de tendresse, Caroline Michel offre un portrait de femme

    d'aujourd'hui jubilatoire et émouvant, tout en posant la question du choix personnel dans une société

    conventionnelle.

     

    Une nouvelle voix de la littérature féminine, d'une spontanéité rafraîchissante, avec laquelle il faudra

    désormais compter.

     

    89 mois de Caroline Michel (Masse critiques Babelio) LC Gaëlle

     

    Tout  d'abord je tiens à remercier masse critiques de Babelio et les éditions  Préludes de m'avoir confié

    la chronique de ce livre. Après avoir lu trois thrillers à la suite, lorsque j'ai pris connaissance du résumé

    de ce roman il m'a paru prometteur. En effet, Jeanne ayant dépassé la trentaine veut à tout prix avoir

    un enfant avec ou sans père, elle est prête à tout ! J'étais satisfaite car j'avais besoin de lire un ouvrage plus

    léger et d'autre part il abordait un problème de plus en plus fréquent, il évoque l'évolution  des mentalités.

    Je n'ai pas réussi à  rentrer dans cette lecture pour y trouver mon bonheur. En ce qui me concerne

    je  pense que le sujet aurait pu être abordé différemment. Au fil des pages, je n'ai pu déceler qu'un humour

    de potache la plupart du temps, l'obsession de notre héroïne est martelée sans cesse, à chaque page et cela

    devient très vite lassant.   j'ai pu comprendre le besoin pressant qu'éprouver Jeanne de faire un enfant,

     quitte a se mettre en danger comme elle l'a fait. Elle enchaîne les relations d'un soir, sans se préoccuper

    des risques qu'elle prend. Au fond sait elle vraiment ce qu'elle veut ? Je trouve qu'elle n'a aucun soutien

    de la part de ses amis. Seulement quelques mises en garde et des discussions prises à la légère.

    J'espérais toujours que les événements prendraient une tournure plus sérieuse devant  une situation

     douloureuse mais cela n'a pas du tout était le cas.  Trop de moments répétitifs, je me suis réellement

    ennuyée et au au fur et à mesure je me suis vraiment dit : « Cette fille à beau être malheureuse, elle est

    complètement  barge » 

    Pourtant j'étais partie très positive et très emballée. L'auteure a insister lourdement sur le besoin  de

    Jeanne sans qu'il y ait grand-chose de captivant autour,  je trouve cela très dommage. C'est un thème

    d'actualité, de la vie moderne de la jante féminine d'aujourd'hui. Il y avait matière à développer davantage

    tout en gardant comme fil conducteur  cette souffrance  et ce désir de tomber enceinte. Beaucoup de personnes

      vivent seules, sans compagnon, décident parfois de  sauter le pas et de   «faire un bébé toute seule ». 

    En conclusion, je dirai que cette histoire m'a déçue bien que ce  roman est obtenu de bonnes critiques.

     Je pense que le ressenti de chacune d'entre nous ( et oui je m'adresse plus aux lectrices  qu'aux lecteurs)

    est différent en fonction de son vécu. Ceci dit il en faut pour tout les goûts.

     

     Extraits et citations :

    « j'attends un bébé qu'on attend le métro ou l'été : en espérant qu'il débarque. »

     

    « Je ne vois pas en quoi l'élever seule le rendra fou ou autiste ou crétin ou moche ou mal dans sa peau mais

    elle maintient que je dois patienter, calmer les ardeurs et me faire soigner. »

     

    « Avoir un homme et un enfant, ça ne va pas forcément ensemble, on peut avoir l'un sans l'autre et

    l'autre sans l'un. »

     

    « Quand je sors des toilettes, je compare bâtonnet d'urine au schéma explicatif de la notice, un peu comme

    je compare les tickets de carte bleue à mon relevé de compte en banque. »

     

    « J'essaie de me rassurer, j'essaie d'être mathématique : s'il faut être deux, alors je bosse se réponde. »

     

    « Je fais pipi puis respire un grand coup. Je me répète « pas enceinte,  pas  enceinte ». Une minute plus

    tard, adossée au mur des toilettes, mes yeux lisent « enceinte, enceinte, enceinte. »

     

    « Tu auras eu un papa le temps d'une course à pied et d'un dîner au restaurant. C'est pas mal finalement. »

     

     

     

    @Caroline Michel

     

    89 mois de Caroline Michel (Masse critiques Babelio) LC Gaëlle

     

     

     


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    Le muscle du silence de Rouja Lazarova

     

    Catégorie : Littérature française

    Le muscle du silence de Rouja Lazarova

     

    Résumé :

    Le Paris des années 1990 est le décor d’un amour improbable entre un psychiatre et sa jeune patiente. Pour

    lui, septuagénaire, survivant des camps nazis, le souvenir semble la clé de la joie de vivre. Pour elle, élevée

    derrière le rideau de fer, le corps est un obstacle dont il a fallu apprivoiser les limites.

     

    Cet amour passion, amour transgression, dérangeant et fascinant, cocasse parfois, jaillit comme une nécessité

    des débris des mémoires totalitaires. Il se développe dans la fugacité d’un présent hanté par le passé mais sans

    véritable avenir. Car la maladie fait son apparition, telle une tierce personne qui s’infiltre dans la relation.

    Les deux amants pourront-ils s’aimer dans, plutôt que contre elle ?

     

    Le roman, telle une recherche sur Internet, s’organise autour de mots clefs comme la « peur », le « désir » ou

    le « pouvoir ». Chacun de ces mots se fait l’écho d’une expérience intime de la vie des protagonistes,

    bouleversée par les totalitarismes, et qui se trouve revisitée par la parole, par le désir ou le souvenir dans le

    Paris indolent de la fin du XXe siècle.

     

    Plutôt que de traiter de la vie sous les totalitarismes, nazisme ou communisme, le roman de Rouja Lazarova

    traite de la vie d’après. Il pose la question de la survie, des séquelles ou des déficits de la mémoire. Dans une

    langue sobre, précise, délicate, souvent empreinte d’humour, Le Muscle du Silence nous donne à voir des

    personnages qui, malgré un passé tumultueux et des luttes intérieures douloureuses, se délivrent des chaînes

    qui les entravent.

     

    Le muscle du silence de Rouja Lazarova

     

     Je remercie particulièrement Babelio et masse critique  de m'avoir  permis la lecture de cet ouvrage.

    En lisant le résumé, j'étais absolument emballée, une histoire d'amour  entre un psychiatre et sa patiente,

    sujet rarement traité. Je me suis donc plongée dans ce récit et quel ne fus pas mon étonnement de constater

    que l'amour qui unit ces deux êtres est carrément passé sous silence. Ou bien alors pas développé du tout.

    On n'y trouve,  des témoignages de guerre, des pensées de notre soit disant couple, des interrogations

    de part et d'autre. Quel dommage de ne pas avoir pu exploiter l'évolution de cet amour entre le soignant

    et sa patiente. Cet ouvrage est peut-être trop court pour développer l'essentiel ? Du coup, j'ai eu l'impression

    de passer complètement à côté de l'histoire. Le thème de la guerre et de la maladie sont présents mais

    rien  n'est décrit en profondeur. L'ensemble de ce roman reste superficiel, j'ai été perturbée car honnêtement

    je m'attendais à quelque chose de beaucoup plus profond.

    Non  la magie n'a pas opéré une seule seconde, et je le déplore fortement.

     

    Extraits et citations :

     « – Je hais les psychiatres.

    C'est ainsi que tout commença. »

     

    « Ce matin, j'ai appris que je mourrai plutôt est autrement que prévu. »

     

    « – Qui aimeras tu quand je ne serai plus là, en veuve joyeuse ? »

     

    «  Au début, le seul résultat visible du cancer fut une force de travail décuplée. »

     

    « – pourrir dans un cimetière de banlieue, entouré de youpins bourgeois, jamais ! Vous m'entendez,

    jamais ! Je veux cramer dans le four  d'un cimetière parisien, comme il se doit. »

     

     

    Le muscle du silence de Rouja Lazarova

    Circonspect

     


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    Le gardien de nos frères d'Ariane Blois

     

    Catégorie : littérature française

    Le gardien de nos frères d'Ariane Blois

    Résumé

     

    Entre 1939 et 1967, de Paris à Toulouse et de New York à Tel Aviv, l'extraordinaire destin de deux êtres

    fracassés par la guerre.

     

    Rien ne prédestinait Simon et Léna à se rencontrer. Lui appartient à la bourgeoisie juive parisienne, patriote,

    laïque et assimilée ; il a été maquisard et blessé au combat. Elle est issue d'un milieu de petits commerçants

    polonais et a réussi à survivre au Ghetto de Varsovie.

     

    En 1945, la guerre leur a tout pris. Chacun de leur côté, ils vont accepter une mission très particulière :

    rechercher des enfants juifs cachés par leurs parents dans des familles, des orphelinats ou des couvents, quand

    il s'avère que ceux-ci ne rentreront pas des camps. Simon parce que son petit frère Elie a disparu dans des

    conditions mystérieuses ; Léna car elle espère ainsi redonner du sens à sa vie. Et cela va les entraîner bien au-

    delà de ce qu'ils auraient pu imaginer.

     

    C'est l'histoire de deux jeunes révoltés qui, dans une France exsangue, vont se reconstruire grâce à la force de

    l'amour. De Paris à Toulouse, d'Israël à New-York, un roman d'aventure porté par le souffle de l'Histoire.

     

    Le gardien de nos frères d'Ariane Blois

     

    Tout d'abord  je remercie  Masse Critique de Babelio  de m'avoir fait confiance et de m'avoir offert en échange

    d'une critique ce beau roman. En effet, même si le récit se situe pendant la seconde guerre mondiale, l'auteure

    nous fait découvrir la face cachée, et le courage de beaucoup d'hommes et de femmes, qui ont œuvré dans 

     l'ombre. Leur mission consistait à chercher des enfants juifs cachés dans des familles (dans des conditions

    pas toujours recommandables) et à les remettre à des parents ou proches rescapés de ce génocide. Ces gens

     ont mis si souvent leur propre vie en danger pour sauver ces innocents. Simon encore très jeune, perd ses 

     parents déportés dans un camp de concentration. Il n'a qu'une idée en tête, retrouver son frère Élie dont il

    n'a aucune trace. Comment va-t-il s'y prendre ? Lui qui est encore si jeune, va pourtant s'enrôler dans

    un groupe et  s'investir à fond dans la tâche qu'il s'est juré d'accomplir. Il va faire la rencontre de Léna

    une jeune femme meurtrie par la vie, elle aussi. Au fil des pages, une confiance va s'instaurer entre les deux

    personnages. Ils vont connaître l'amour… La peur… Le courage…

    Ariane Blois décrit magnifiquement bien l'ambiance et le contexte dans lequel évoluent tous ces résistants

    en quelque sorte.

    Je me suis attaché à Simon à Léna à Elie , j'ai partagé leur détresse, leur engagement sans bornes, leurs

    espoirs. J'ai croisé les doigts pour qu'il ne leur arrivera rien.

    J'ai découvert un roman dont le sujet est très intéressant et rarement traité. Ce fut pour moi une belle

    découverte, avec des moments émouvants....

     

    Extraits et citations

    « – Elle a été arrêtée près d'Annemasse. On vient de retrouver son corps. »

     

    « Finalement, ils forment  une bonne équipe, le mélange de leurs personnalités leurs permet d'avancer. »

     

    « – Je voulais te dire qu'il avait trouvé une autre famille…, Reprend la sœur. Enfin, ils t'attendent. Tu

    peux y aller.

    – Sa famille, c'est moi. »

     

    « Et qu'adviendra-t-il si Elie réclame les Morel ? »

     

    « enfin, Léna, tu débloques  ! La Palestine, c'était un rêve, un mirage. Mon avenir et là où mes parents sont

    nés, là où sont nos racines, à Élie et  moi. Le sionisme, c'est bon pour ceux qui n'ont plus de pays. »

     

    « Oui, Simon est heureux, et doublement depuis qu'il est officiellement devenu le père de Becky. »

     

    « Simon raccroche comme un automate. Léna… Morte ! »

     

    « Mais, à cette seconde, leur doit se touchant à peine, il se contente de se regarder, stupéfaits, bouleversés.

    Les gens dans le hall aussi. Ils ont de nouveau vingt ans et la vie devant eux. »

     

     

    Le gardien de nos frères d'Ariane Blois


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    Et si seulement......... de Daniel Lapierre

     

     

     

    Catégorie : Roman Littérature

    Résumé :

    « − C'est si bon de dormir, n'est-ce pas ?


    − Je ne dormais pas...

"

    C'est vrai, je ne dormais pas. Je ne pensais pas non plus et cette léthargie, je le confesse, avait quelque chos

    de
 délicieusement tiède et agréable d'où j'avais envie de sortir avec mauvaise humeur. Ce n'est pas une

    infirmière, ni une aide soignante ; elle ne porte pas la blouse. Une femme mûre, brune, les cheveux à peine

    grisonnants aux tempes et tirés en chignon sur la nuque. Elle ne se teint pas; peut-être qu'elle s'accepte. Et

    elle n'a pas tort. La cinquantaine, avec un rien de distinction naturelle, en partie due à un sobre tailleur gris.

    Je ne l'ai jamais vue ici ni ailleurs. Une brusque pensée avortée, trop rapide pour être douloureuse, me fait

    baisser les yeux sur sa poitrine : elle ne porte pas l'insigne de la croix. C'est le gris qui m'y a fait penser

    soudain dans ma demi-conscience. Non, le moment n'est pas encore venu.

    − Qui êtes-vous ? »

    Hélène Dacourt est hospitalisée, et pendant sa convalescence, elle fait la rencontre de Marie-Anne, une

    bénévole venue réconforter des personnes n’ayant pas de visite.

     

     

    Un véritable coup de coeur ! C'est un récit magnifique qui fait réfléchir sur le sens de la vie, sur les choix

    et les erreurs que nous faisons..... Les deux personnages principaux sont Hélène et Marie-Anne. l'histoire se

    déroule dans un hôpital. Marie-Anne est bénévole et Hélène est malade, au fil des pages une vraie

    complicité, puis une amitié sincère s'instaurent entre les deux femmes. Personnellement, j'ai ressenti une

    véritable empathie pour Héléne, qui au départ rejette Marie-Anne, mais elle va tout doucement se laisser

    apprivoiser. Ce roman m'a touchée profondément, nous ne pouvons pas rester insensible à ce que L'auteur

    Daniel LAPIERRE arrive à nous transmettre. De nombreux sentiments sont décrits à travers cette

    oeuvre. J'ai fermé le livre en me disant :"La vie est belle alors n'attendons pas qu'il soit trop tard pour vivre

    ce que nous avons à vivre". D'autre part, il y a des passages humoristiques et des passages très poignants.

    J'ai terminé la lecture la gorge serrée et les larmes au bord des yeux, mais finalement c'est une formidable

    leçon de vie ! A lire sans modération !

     

    Extraits :

    "Toute manifestation de la pensée est digne d'intérêt, jusqu'à la fin. Je suis là pour ça. Du moins, j'essaye.

    Et ce n'est pas chose facile.

    - Je veux bien le croire."

     

    "J'ai toujours détesté le mensonge, sans doute parce que ceux qui ont fait un bout de chemin avec moi,

    accidenté ou non, ne cessaient jamais de fabuler pour me tromper. Et ça marchait presque toujours....."

     

    "Ses questions m'agacent. Mais que ferais-je à sa place ? Je ne lui ai pas signifié de sortir ; alors...."

     

    "Vous êtes en train de vous demander si vous devez continuer à vous adresser à moi comme à une 

    femme normale. Ou alors, avec des précautions infinies pour ne pas mettre le feu au délire.... Vous

    vous demandez si je ne suis pas folle au fond, réellement, sous une comédie de bon sens ?

    - Mais non, Hélène, je vous rassure. Il me semble au contraire qu'il y en a peu aussi lucide que vous."

     

    "Il y a des gens, très peu, avec qui l'on se sent bien à parler, parce qu'ils vous écoutent sans jugement, sans

    présupposé."

     

    "- Allô !

    - Hélène ?

    - Oui ?

    - C'est Mara. Je viens aux nouvelles. Ca va ? Tu es peut-être déjà à table ?

    - Oui, c'est cela, dans la salle de restaurant. Mais non, bourrique, ne rêve pas ! "

     

    "C'est bien elle, je l'aurais parié. A force de vouloir très fort les choses, surtout inconsciemment, elles

    finissent par se produire. Il faut dire aussi que je ne souhaite que du possible. Je ne crois pas au miracle,

    au moins pour moi."

     

    "- Comment pouvez-vous penser cela, Hélène ? Il me semble, en vous écoutant, que je suis avec une amie

    de longue date. Et puis, vous avez un tel talent de conteuse ! Je ne suis pas surprise, vous savez,  que vous

    ayez eu envie d'écrire ! savez-vous ce que je pense, depuis un moment, en vous écoutant ? C'est qu'il est

    dommage que tout cela s'éteigne avec les mots."

     

    "- Oui vous avez raison. Votre présence, votre amitié me manque de plus en plus souvent. Voyez de quelles

    contradictions la vie est faite !"

     

    "Je suis bien sûre que je n'ai pas pris froid. Pour me rassurer, l'interne m'a dit que ce sont des symptômes

    classiques."

     

    "Mon esprit oublie un moment les douleurs du ventre et me rappelle le brave pape  Boniface de Daudet,

    un petit coup de châteauneuf dans le nez et se trémoussant sur sa mule.

    Une voix en moi est en train de me dire :"Hélène, tu vas trop loin, cette voix neutre de la sagesse et que je

    joue avec le feu, moi, celui de l'Enfer. Je m'en veux d'ironiser sur les pratiques et les croyances religieuses.

    Je me dis que ce n'est pas le moment de ce mettre mal avec le Bon Dieu."

     

    "Je raccroche l'appareil sur ces mots, tout étonnée de me sentir envahie soudain de tristesse, la carapace de

    l'humour devenue inutile. Une noire tristesse qui me fait repousser ma table et le reste de mon repas. Je

    n'y toucherai plus. Je ne veux pas me plaindre de mon amertume soudaine."

     

    "Disons : des techniciennes de la maladie, même si je n'aime pas le mot et s'il ne recouvre souvent bien

    plus de bonne volonté et d'empirisme que de science. Et puis les sentiments ne sont guère compatibles

    avec les soins. Dans ce milieu, le trop humain doit-être une gêne."

     

    "- Chère petite Hélène, vous êtes très courageuse.

    - Non, je ne crois pas. Qu'est-ce que vous voulez que je fasse d'autre ? Que je sanglote du matin au soir

    sur mon sort ? Que je hurle pour qu'on me plonge dans le coma ? Non, merci.... Vous voyez, je suis

    encore capable de vous entendre et de vous parler. Les cordes vocales, Dieu merci ! Ce n'est pas ce qui

    exige le plus d'énergie."

     

    "Quelque chose m'irrite dans la façon de parler de la majorité des personnels. Une espèce de condescendance

    affectueuse, comme s'ils n'avaient que des gens séniles à soigner ou des enfants en bas âge. Et tous sur

    un ton identique ! Une espèce de maternage humiliant. J'ai presque envie de lui demander de me parler

    de la même façon qu'il s'adresse à la maîtresse de ses enfants, lorsqu'elle l'a convoqué pour une question

    scolaire."

     

    "J'ai manqué d'humour, je le sens bien. Je deviens plus aigre. Je n'y peux rien. Ou je n'ai pas envie d'y 

    remédier. Ca doit être l'acquis sociale qui fiche le camp."

     

     

     


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